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La vérité dérange plus que cela

A propos du film de Al Gore, Une vérité qui dérange.

Al Gore a eu de la chance de ne pas être élu en 2000 contre G. W. Bush : il peut aujourd'hui se faire le héraut de la lutte contre le réchauffement climatique. Le film Une vérité qui dérange (An Inconvénient Thruth), nous présente la conférence qu'Al Gore a donné des centaines de fois aux USA et sur la planète dans le but d'alerter ses habitants sur ce que l'humanité a fait subir au climat... et  sur ce que le climat peut très bientôt  faire subir à l'humanité. 

Celui qui se présente comme le « ex-futur président des États-Unis » explique ce qu'est l'effet de serre, ce qu'implique l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère, comment se disloque la calotte glaciaire et se multiplient les ouragans.  La vertu pédagogique du film est indéniable. Al Gore sachant faire preuve d'humour et d'optimisme, le spectateur, plongé dans l'effroi par certaines données, sera tout de suite incité à agir, à s'informer ou à voter (Al Gore of course). Transformer une conférence faite pour des Américains, en un film pour le monde entier n'est pas choses aisée. C'est une réussite : on a peur, on rit, on est touché aussi par des séquences  qui permettent de sortir de la démonstration factuelle par une touche plus personnelle sur la vie d'Al Gore. Le personnage laisse transparaître une opiniâtre sincérité dans son combat contre ce qu'Yves Cochet appellent en France « les négationnistes de l'effet de serre », c'est-à-dire les Claude Allègre de tout poils qui ont fait plus de mal encore aux Etats-unis qu'en France.

Malheureusement, la brillante démonstration d'Al Gore se finit en eau de boudin par une séquence pathétique où il démontre que le protocole de Kyoto permettrait à l'industrie automobile américaine de vendre plus de voitures et de prendre des parts de marché à la Chine ! L'analyse demeure purement néolibérale et environnementale. Les injustices sociales ne sont jamais évoqués. Aucune solution véritable n'est présentée, à part construire des gentilles voitures verte démocrates pour remplacer les méchantes voitures polluantes républicaines. Preuve que l'ex-vice-président des Etats-Unis resté imbibé de l'idéologie contemporaine, il termine en invoquant la toute puissance de la technoscience pour sauver le monde. A aucun moment ne sont abordées les causes sociales, humaines ou culturelles de la crise écologique. On ne parlera pas non plus de décroissance, cela dérangerait vraiment trop.

Sophie Divry

Documentaire réalisé par Davis Guggenheim, 1h38. Sortie le 11 octobre 2006.

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« Celui qui
croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

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