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Le Monde et Alternatives économiques sont-ils d’extrême droite puisqu’ils soutiennent la croissance ?

Le quotidien économique Le Monde n’en finit pas d’insulter les objecteurs de croissance. La méthode est désormais plus sournoise que les calomnies grossières de son chroniqueur Eric le Boucher. Dans son article intitulé « Les adeptes de la "décroissance" en manque de relais politiques » en date du 2 décembre 2006, la journaliste Elise Vincent conclut ainsi : « Certaines thèses, comme la limitation des naissances ou le retour à la spiritualité, également développées par quelques décroissants, séduisent des milieux très réactionnaires. Jean Jacob, auteur de L'Antimondialisation (Berg International, 2006), a ainsi enquêté sur les liens qu'entretiennent certains décroissants avec des mouvements d'extrême droite. » Voilà le soupçon et la rumeur jetés sur l’ensemble des objecteurs de croissance par le quotidien « de référence ».

C’est au même jeu ignominieux auquel se livre actuellement le rédacteur en chef d’« Alternatives économiques », Guillaume Duval, qui utilise des pratiques intellectuelles qui ont fait leur temps. Après avoir qualifié la décroissance de « léninimisme vert », il accuse désormais ses tenants d’être intrinsèquement d’extrême-droite. Il écrit dans Témoignage Chrétien (15-11-2006) « Dans le discours décroissanciste, on trouve souvent la thématique du “c’était mieux avant”, avant la révolution industrielle, au bon vieux temps des sociétés agraires traditionnelles. Un a priori très contestable sur tous les plans. Cet arrière-goût réactionnaire est une des raisons pour lesquelles l’extrême droite voit d’un œil très positif le développement de ce courant de pensée : Éléments, la revue du Grece, le Think Tank de la Nouvelle droite, lui a consacré cet hiver un numéro spécial très élogieux… La nostalgie du « bon vieux temps » est certes une des constantes de la pensée humaine, mais elle inspire rarement de bonnes politiques pour le présent… ».

Là aussi, les multiples mises en garde des objecteurs de croissance, républicains et humanistes, contre la tentation des discours réactionnaires sont passées sous silence. Pour l'IEESDS ou le journal La Décroissance, la décroissance ne trouve d'intéret qu'au service des valeurs humaniste, républicaine et démocrate. Il est impossible pour qui s’intéresse au sujet de ne pas avoir lu ou entendu à de multiples reprises nos précisions expliquant que la décroissance, comme la croissance, allait de l’extrême gauche à l’extrême droite. Néanmoins, cette frange de l’extrême droite, restera toujours infime comparée à la masse du même bord qui est fascinée par la croissance et l’idéologie de puissance qui en découle (le nazisme ou le bolchevisme l'ont malheureusement démontré). Ainsi dans un communiqué de presse de novembre, Jean-Marie Le Pen se désole du faible taux de croissance français. « La croissance zéro est une très mauvaise nouvelle, c’est aussi une preuve qu’on nous ment sur le chômage. » En conclurons-nous que Guillaume Duval et le journal Le Monde sont d’extrême droite ? Non, car ce sont des méthodes, orchestrées dans l’espoir de lancer un lynchage, qui ne déshonorent que leurs auteurs et leur publication. Ce qui est aussitôt soupçonné d’être réactionnaire au Monde et à Alternatives économiques, c’est de refuser l’idée folle d’un monde sans limites, la consommation boulimique et le partage inéquitable de ressources planétaires limitées.

Vincent Cheynet

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« Celui qui
croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

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