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Jean-Marc Sylvestre ou la folie fanatique de la croissance

Jean-Marc Sylvestre est partout, tout le temps, à la télévision (TF1), à la radio (France inter), dans la presse, où il déverse inlassablement sa litanie. Ce journaliste incarne l’obscurantisme du marché le plus outrancier et le plus dévot. Son fanatisme le rend aveugle aux réalités les plus simples. Jean-Marc Sylvestre raconte n’importe quoi, en premier lieu les mensonges les plus éhontés. Démontage en images du discours idéologique d’un fanatique du début du XXIe siècle à travers l’une ses dernières tribunes.

Chronique de Jean-Marc Sylvestre « Sarko au boulot... » paru dans Le M.A.G. Cultures N°36 du 15-05-2007 (en italique, nos précisions en rouge gras)

Du déclin écologique à la croissance verte...

La multiplication des rapports alarmistes, l’accumulation des études qui nous annonçaient la catastrophe, les courbes apocalyptiques qui nous menacent d’un réchauffement de la planète et d’une détérioration des conditions de vie en Occident… Ce débat passionné et passionnant a eu le mérite de commencer à remettre les choses à leur place en soulignant certaines évidences. Tout d'abord : aucun scientifique n’a apporté la preuve que le réchauffement climatique de la planète était imputable à l’action de l’homme.

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Enorme mensonge de Jean-Marc Sylvestre. La cause humaine de l’effet de serre fait un consensus quasiment unanime dans la communauté scientifique. Seuls quelques individus dont le sérieux ont été mis en doute du type de Claude Allègre le conteste encore. La courbe en rouge ci-dessus montre l'évolution de la concentration du CO2 dans l'atmosphère depuis - 400000 ans jusqu'à nos jours. En bleu, on observe la courbe de l'évolution de la température pendant la même période. La corrélation entre la proportion de gaz carbonique (CO2) et la température est prouvée, comme l’a démontré le Groupe Intergouvernemental d'Etude du Climat (GIEC). La courbe des température connaît une explosion depuis l’entrée dans l’ère industrielle.

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Comparaison des influences respectives sur le climat des émissions humaines et des facteurs « naturels » de variation du climat pour les 2 derniers siècles.
Les facteurs « naturels » comprennent essentiellement le volcanisme (influence temporairement significative mais durant peu de temps) et la variation de l'activité solaire. Les facteurs humains comprennent les gaz à effet de serre et les aérosols. On constate aisément que les facteurs naturels, qui dominaient les forcages il y a 2 siècles (en particulier le volcanisme), sont aujourd'hui "supplantés" par les facteurs d'origine humaine. Source Manicore.com, Hansen et. al, Science 2005

Le problème est que jusqu’à une époque très récente, il était politiquement incorrect de prétendre le contraire. Ensuite, on s’est aperçu que les solutions prônées par les écologistes s’inscrivaient dans une logique de décroissance, donc de déclin, qui revenait à dire que, puisque le monde de la croissance nous condamnait à la pollution, l’avenir passait par un retour à l’éclairage à la bougie.

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Le « ou tout ou rien », « le nucléaire ou bougie », « le délire technoscientiste ou la caverne », c’est-à-dire l’« horreur binaire », est le chemin le plus court pour s’arrêter de penser.

Cette analyse était tellement rétrograde que tout esprit normalement constitué ne pouvait pas accepter un tel recul.

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Les « objecteurs de croissance », qui contestent la possibilité d’une croissance économique infinie dans un monde limité, ne peuvent donc pas avoir un « esprit normalement constitué ». Autant les envoyer directement à l’asile psychiatrique…

Enfin, des scientifiques éclairés, et pas à la bougie, des chefs d’entreprises avisés, ont commencé à nous montrer que le progrès technique, les innovations conjuguées aux mécanismes du marché et notamment l’évolution des prix devaient nous permette de sortir de ce piège de la croissance. Le comble, c’est que c’est aux États-Unis que les progrès sont les plus sensibles.

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« En 2004, les Etats-Unis ont augmenté leurs émissions de gaz à effet de serre de 1,7% par rapport à 2003 et de 15,8% par rapport à 1990 selon le dernier rapport de l'EPA disponible depuis le 17 avril. » Extrait du BE Etats-Unis N°32 - Ambassade de France aux Etats-Unis

L’Amérique est le deuxième producteur de biocarburant dans le monde.

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C’est aux États-Unis, que les investisseurs surveillent avec le plus d’attention la pollution des industriels et les pénalisent quand ils considèrent qu’ils ne sont pas conformés aux normes fixées. C’est aux États-Unis que les consommateurs sont capables de boycotter le produit d’une entreprise dont le comportement ne serait pas éthique.

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Or, les États-Unis n’ont jamais eu besoin de signer les accords de Kyoto. Ils limitent bien mieux que les Européens les émissions de gaz à effet de serre…

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C’est par ailleurs dans le secteur agricole que la recherche est le plus poussée. Il s’agit de préserver et même d’améliorer le potentiel de production. La croissance. C’est une question de survie pour la planète. Pendant que quelques-uns, très influents, demandent à longueur de media l’interdiction des OGM,

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d’autres dépensent des millions d’euros pour que les organismes génétiquement modifiés soient encore plus performants.

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On s’est aperçu que la véritable écologie devait laisser le marché trouver ses propres ajustements pour engendrer de nouvelles formes de croissance. Cette écologie nouvelle doit agir sur l’énergie, en découvrant des systèmes économes et plus efficaces, en trouvant le bon mix énergétique… Les forces du marché

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nous obligeront aussi à agir sur les modes de vie en consommant non pas moins mais différemment. Moins de voiture et plus de train, moins de viande et plus de légumes frais, moins de produits et plus de services… Consommer et travailler autrement, en étant plus mobile grâce a l’Internet et pas forcément grâce a l’avion. En étant mieux organisés, avec un marketing de la réparation plus sophistiqué. Reste à définir la croissance verte, mais elle existe. Aux États-Unis c’est la green economy… Green comme green money…Green comme le dollar.

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« Celui qui
croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

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